Histoire de l’établissement

L’école Saint Joseph a été construite en 1878 par les Frères des Ecoles Chrétiennes appartenant à la congrégation fondée par saint Jean-Baptiste de la Salle au XVII ème siècle.

Une bienfaitrice nommée mademoiselle Rolland-Gosselin

Par une lettre datée du 27 mai 1874, Monseigneur d’Hulst, alors Vicaire Général de Paris avant de devenir en 1880 le fondateur et le premier Recteur de l’Institut Catholique de Paris, écrivait au Frère Assistant du Supérieur Général des Frères chargé de la région :

« Permettez-moi de recommander à tout votre zèle l’affaire de Pantin. Il y a là un bien sérieux à faire, un grand mal à éviter. Cela vaut vraiment la peine de faire tout le possible et une partie de l’impossible. »
Faute de sujets disponibles une réponse négative fut donnée à cette requête de l’illustre prélat.

Il faudra attendre 4 années pour que cette affaire de Pantin trouve une heureuse solution. En ce temps-là dit la chronique une bienfaitrice, une protectrice des faibles et des petits vivait à Pantin en une propriété qui donnait sur le canal. Cette banlieue nord-est devait encore être charmante. La révolution industrielle n’y avait pas encore tressé sa couronne d’usines hérissées de hautes cheminées autour de la capitale.

La bienfaitrice avait nom Mademoiselle Roland Gosselin, tante de Monseigneur Roland-Gosselin, futur évêque de Versailles. Le 9 avril 1878, elle fit don de sa propriété de 3644 m2, située au 143 de la rue de Paris (avenue Jean Lolive) à Mgr l’Abbé Labat, curé de saint Germain de Pantin qui y bâtit une école de 3 classes.

Arrivée des frères à Pantin

Le 1 er octobre 1878, une équipe de 5 Frères ayant à sa tête le Frère Antélius fut chargée d’ouvrir l’école. A en croire les registres d’inscriptions elle fonctionna avec 30 élèves durant la première année. L’école est alors gratuite. Le Frère Directeur dut abandonner la Direction dès la fin de l’année scolaire, sans doute malade, car il mourrait en 1880 à la suite d’une grave maladie.

L’école ne possède pas de statistiques sur l’évolution de l’établissement durant la première décennie. Mais en 1889, les enfants devenant très nombreux, le Frère Alode Marie, troisième directeur, obtint de Melle Roland Gosselin, 2 classes supplémentaires. Mais elle se refusa à augmenter le traitement global des maîtres. On dut pour permettre à ceux-ci de vivre, faire appel à la rétribution scolaire.

En 1890, la propriété passe à la Société d’Athis Mons, bien géré directement par la Maison Mère des Frères qui se trouvait à cette époque Rue Oudinot, dans le 7 ème arrondissement de Paris. Elle fit édifier aux dernières années du 19 ème siècle, les bâtiments, rue du canal.

Loi anticongreganiste

Puis ce sont les lois antireligieuses contre les congrégations enseignantes des années 1903 – 1904. Les 75 écoles des Frères de Paris furent fermées. L’institut n’ayant plus d’existence légale.

Après la sécularisation

L’école de Pantin fut vendue en octobre 1909 à Monsieur Marette, bienfaiteur rouennais – prête-nom de nombreux rachats d’écoles spoliées par les dites lois – en attendant des jours meilleurs.

Il est difficile de suivre l’évolution de la maison durant ces périodes troubles car les chroniques sont rares. Les Frères ont dû se séculariser sur place pour maintenir l’œuvre, vivre dans l’anonymat. Mais ils sauveront l’école contre vents et marées.

En 1929, c’est la construction du corps du bâtiment entre les classes et la maison du 139 rue de Paris. Ces transformations favorisèrent des œuvres paroissiales, comme les Patronages, avec ses multiples activités, les cercles d’hommes ou d’étudiants. La générosité de M. le Curé permit l’installation du chauffage central dans toute la maison, y compris les classes.

Le 1 er janvier 1930, la maison de Pantin devient propriété de la Province de Paris et fait partie désormais de la Société de Vaugirard.

De la rue du Canal à la du 8 mai 1945

Après la guerre, on assiste au développement de la scolarisation, à la poussée démographique en France. La maison ne répond plus ni au besoin de la population scolaire ni aux exigences d’une maison d’éducation moderne. Il fallait songer à reconstruire.

En 1948, Premières rumeurs d’expropriation. Celle-ci est envisagée pour 1951. L’école pourrait être transportée près de l’église, de l’autre côté de l’avenue.
La partie du terrain située près du canal est mise à la disposition de la paroisse qui pourra y construire une salle d’œuvres.

1950 – 1965 L’école saint Joseph vit des heures difficiles. Elle est menacée de fermeture… et voici que l’école va être la première bénéficiaire du renouveau suscité par le Concile et le Chapitre Général des Frères en 1966.

On n’y avait beaucoup parlé des pauvres, des secteurs défavorisés … Il fallait passer aux actes … La région parisienne est le champ idéal aux expérimentations. La Province de Bretagne fut sollicitée pour prêter main forte à cet effort d’évangélisation … et en 1966, un beau matin, 5 Frères vinrent de l’Ouest continuer l’œuvre de Pantin.

Dès leur arrivée, dans leur ferveur de pionniers et aussi devant les mutations rapides de cette région industrielle de la banlieue nord-est de Paris, la nouvelle équipe reprit les anciens projets de construction … et ce furent les 4 années de direction du Frère Pungier.

En 1969, Entouré d’une poignée d’anciens élèves et de nombreux amis qui y croyaient, d’une association de parents dynamique, il vit surgir de terre le bâtiment du 12 avenue du 8 mai 1945. Le nouveau saint Joseph accueille 488 élèves à la rentrée.

30 années de croissance

Entre 1969 et 1999, l’école saint Joseph passe de 17 à 40 classes, de 488 élèves à 950 élèves.
Les tableaux joints en annexe démontrent cette évolution.
L’école occupe successivement :

  • Un site, rue du 8mai (1969),
  • Puis deux (1971 – Ecole Sainte – Marie, rue d’Estienne d’Orves) L’école Sainte-Marie tenue par les sœurs de Saint-Vincent de Paul est dévolue aux Frères des Ecoles Chrétiennes. L’école maternelle et le CP s’y installent.
  • Puis trois (1974 – acquisition du gymnase, rue Jean Nicot), avant la construction en 1989, d’un nouveau bâtiment pour abriter un nouveau gymnase et la SES / SEGPA.

On peut ajouter :

  • Les Antennes Mobiles,
  • Le terrain d’horticulture à Presles (95) puis à Epinay Sur seine.

Du collège unique au collège pour tous2

Entre 1975 – 1995
Peu à peu, les réformes pédagogiques, les choix éducatifs amènent à scolariser au collège, tous les types d’élèves et le plus longtemps possible.

C’est pour cette raison que le collège croît régulièrement, développant et adaptant ses structures, poussant en avant ceux qui ont le plus de facilité, soutenant ceux qui ont le plus besoin d’aide.

1989 marque une étape importante ; Saint Joseph est le premier établissement de l’enseignement catholique d’Ile de France à ouvrir une structure adaptée aux élèves en grande difficulté : la S.E.S. (section d’enseignement spécialisé) devenue aujourd’hui la S.E.G.P.A. (section d’enseignement général et professionnel adapté).